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Code déontologique et éthique

Un code opposable, et une voie de recours réelle

Trente-trois articles en six titres, rédigés comme un document autonome : sans référence à une marque, sans nom de métier, applicable par tout organisme qui l'adopte. Le domaine d'application est défini par la nature de la relation, pas par un titre professionnel.

Les principes fondamentaux

Cinq principes ouvrent le Code et gouvernent tout ce qui suit. Ils tiennent en peu de mots parce qu'ils ne se négocient pas : chaque article des titres suivants n'en est qu'une déclinaison, appliquée à une situation précise de la relation.

  • Dignité et autonomie de la personne, respect de la personne accompagnée et de sa capacité à décider pour elle-même.
  • Bienveillance et non-malfaisance, agir dans l'intérêt de la personne, et d'abord ne pas nuire.
  • Non-jugement et impartialité.
  • Honnêteté et intégrité professionnelle, sur ce que l'accompagnement peut, et ne peut pas, apporter.
  • Justice, équité et non-discrimination.

Les six titres du Code

0Domaine d'application et définitions
IPrincipes fondamentaux
IILa relation d'accompagnement
IIIConfidentialité, frontière du soin, protection des personnes
IVCompétence et développement professionnel
VProtection des données personnelles
VIResponsabilité, régulation et manquements

Construit après comparaison de quatre codes de référence : SNPPSY et FF2P pour la psychothérapie, EMCC et ICF pour le coaching et le mentorat.

Le Code s'applique indépendamment de toute certification. Un professionnel formé sur le terrain, sans diplôme reconnu, y est tenu au même titre qu'un diplômé. Le domaine d'application est défini par la nature de la relation, jamais par un titre.

Comment lire le Code

Un texte de trente-trois articles se parcourt mal d'un seul tenant. Nous le reprenons donc ci-dessous en trois temps, qui suivent l'ordre dans lequel les questions se posent au cours d'une relation d'accompagnement, du premier rendez-vous jusqu'au traitement d'une plainte.

Relation et confidentialité traite de ce qui se pose dès le début : le consentement, le contrat, l'assurance, puis le secret et la protection des personnes vulnérables. C'est le socle du lien entre le professionnel et la personne qui vient à lui.

La frontière du soin reprend le point le plus discuté du Code. Elle sépare ce que l'accompagnant peut faire de ce qui appartient au champ médical, et fixe la ligne qu'aucun membre ne franchit.

Compétence et recours ferme la boucle : l'obligation de se former et de se faire superviser, et la procédure de plainte qui rend le Code opposable plutôt que déclaratif.

Déontologie · Relation & confidentialité

Le lien, posé avant tout le reste

Avant qu'un accompagnement produise le moindre effet, une relation s'est nouée, et c'est là que se joue l'essentiel de la protection due à la personne. Le Code fixe donc d'abord les conditions du lien : ce qui doit être dit et signé au départ, ce qui garantit la personne en cas de litige, et ce qui reste couvert par le secret.

Une personne qui pousse la porte d'un accompagnant se trouve, presque toujours, en position de moindre force : elle vient parce qu'elle cherche quelque chose, elle en sait moins que le professionnel sur ce qui va se passer, et elle accorde d'emblée une confiance qu'il serait facile de trahir. Les articles réunis ici corrigent ce déséquilibre en obligeant le professionnel à rendre la relation lisible avant qu'elle ne commence.

La relation d'accompagnement

Le titre II du Code décrit ce qui se met en place dès le premier contact. Rien n'y est laissé au tact du praticien : chaque obligation est écrite pour être vérifiable.

Consentement éclairé et contractualisation claire. Objet, cadre, limites et modalités posés dès le départ. L'accompagnant se positionne explicitement comme non-clinicien dès le recueil du consentement.

Assurance professionnelle. Responsabilité civile professionnelle obligatoire avant tout exercice, maintenue sans interruption, attestation communicable sur demande.

Médiation des litiges commerciaux. Droit à un médiateur professionnel pour tout litige portant sur l'exécution ou les honoraires, explicitement distinct de la procédure disciplinaire pour manquement déontologique.

La distinction entre le litige commercial et le manquement déontologique n'est pas de pure forme. Un désaccord sur une facture se règle avec un médiateur ; une faute contre la personne relève de l'instance disciplinaire. Confondre les deux reviendrait à traiter une atteinte grave comme un simple différend marchand.

Confidentialité et protection des personnes

Ce que la personne confie doit rester couvert, mais le secret n'est jamais total, et le Code exige que ses limites soient annoncées à l'avance plutôt que découvertes au mauvais moment.

La confidentialité s'accompagne d'obligations qui protègent la personne au-delà du seul secret. Le texte les énonce ensemble parce qu'elles répondent à une même exigence : garder la relation sûre, y compris pour ceux qui sont le moins en état de se défendre.

Confidentialité stricte, et ses limites explicitées à la personne dès le départ : obligation légale, danger pour soi ou pour autrui, réquisition judiciaire. Protection renforcée des personnes vulnérables et des mineurs. Interdiction absolue des relations intimes ou sexuelles avec une personne accompagnée. Déclaration et gestion des conflits d'intérêts et des relations multiples. Encadrement des outils numériques et de l'intelligence artificielle.

Déontologie · La frontière du soin

Là où l'accompagnement s'arrête et le soin commence

C'est le point du Code sur lequel les fédérations divergent le plus, et celui que le public comprend le moins bien. Un accompagnant travaille au contact de la souffrance sans être soignant. Reste à dire précisément ce qu'il lui est permis de faire, ce qui lui est interdit, et à quel signal il doit passer la main.

La difficulté ne vient pas d'une confusion des intentions : personne, dans le domaine, ne prétend sérieusement soigner une maladie. Elle vient de ce que les gestes se ressemblent. Écouter une souffrance, aider quelqu'un à comprendre ce qui l'agite, l'accompagner dans une période sombre, tout cela peut relever de l'accompagnement comme du soin selon la profondeur du travail et la nature de ce qui est en jeu. Le Code trace donc la ligne non pas sur les apparences, mais sur un partage précis entre deux actes que l'on confond souvent.

Le point le plus discuté

La frontière du soin, affinée

Tout commence par une distinction entre deux gestes que le même mot recouvre, et qui n'engagent pourtant pas la même compétence ni la même responsabilité.

Diagnostic situationnel, comprendre la personne, sa demande, ses ressources et son contexte. C'est un acte méthodologique, autorisé, et central à l'accompagnement.

Diagnostic clinique, identifier un trouble au sens médical, psychiatrique ou psychologique. Exclu du domaine, sans exception, et réservé à un professionnel de santé habilité.

Une fois cette distinction posée, reste à savoir où placer le curseur de la prudence. Le Code refuse de le faire dépendre de l'étiquette du métier.

La vigilance est graduée par la nature de la pratique employée, non par le métier : une pratique de coaching qui touche aux croyances profondes présente le même niveau de risque qu'une séance d'hypnose. La frontière ne suit pas les intitulés.

Orienter est un acte de compétence

Reconnaître qu'une situation dépasse le domaine n'est pas un aveu de faiblesse : c'est une part du métier, et le Code en fait une obligation.

Dès qu'un signal excède le domaine, souffrance psychique significative, risque suicidaire, pathologie avérée ou suspectée, l'accompagnant oriente sans délai vers un professionnel de santé. Un praticien qui n'oriente jamais n'est pas un praticien très compétent : c'est un praticien qui ne voit pas ce qu'il devrait voir.

Ce qu'aucun membre ne peut faire

  • Présenter sa pratique comme traitant, soignant ou guérissant une maladie, un trouble ou un symptôme identifié.
  • Encourager l'arrêt d'un traitement médical, se substituer à un suivi en cours, ou conditionner son accompagnement à une rupture de suivi.
  • Faire usage d'un titre protégé sans en remplir les conditions légales.
  • Conditionner l'efficacité de sa pratique à la croyance de la personne accompagnée.

Les deux premiers points constituent des manquements graves : radiation possible sans mise en conformité préalable.

Déontologie · Compétence & recours

Ce qui rend le Code opposable

Un code déontologique qui ne s'accompagne d'aucune obligation de se former ni d'aucune procédure de plainte reste une déclaration d'intention. Les deux titres réunis ici donnent au texte sa portée réelle : l'exigence d'entretenir sa compétence, et une voie de recours ouverte à la personne qui s'estime lésée.

La qualité d'un accompagnement ne se garantit pas une fois pour toutes le jour d'un diplôme. Elle se maintient, ou se dégrade, au fil d'une carrière, sous l'effet de la fatigue, de la routine et de l'isolement. Le Code répond à ce risque par des obligations continues, puis prévoit ce qui doit se passer lorsqu'un manquement survient malgré tout.

Compétence et développement

Le titre IV oblige chaque membre à se tenir à niveau et à ne pas travailler seul. Aucune de ces obligations ne dépend du parcours initial du praticien.

Limites d'exercice. L'accompagnant n'exerce que dans les limites de sa formation, de son expérience et de sa compétence réelle. Lorsqu'une situation les excède, il en informe la personne et l'oriente.

Formation continue. Maintenue tout au long de la carrière, tracée, et vérifiable.

Supervision. Recours régulier, quelle que soit la pratique, sans qu'aucun accompagnant n'en soit dispensé. Fréquence et modalités renforcées selon le niveau de vigilance requis.

Hygiène professionnelle. Reconnaître ses limites personnelles, fatigue, événement de vie, état de santé, susceptibles d'affecter la qualité de son intervention, et solliciter le soutien nécessaire.

L'honnêteté sur l'état des connaissances. Un membre distingue dans sa communication ce qui est établi de ce qui relève de son expérience. Il informe spontanément lorsque sa pratique fait l'objet de discussions. Il cesse d'enseigner un mécanisme explicatif formellement infirmé. C'est la contrepartie déontologique d'un domaine large.

Manquements et recours

Lorsqu'une personne s'estime lésée, elle doit trouver une porte, et cette porte doit conduire à une décision. Le titre VI organise ce parcours en cinq paliers, du plus simple au plus grave.

Une procédure de traitement des plaintes accessible et lisible, structurée en paliers.

  1. Résolution informelleSignalement direct et tentative de résolution entre les parties, lorsque la situation le permet.
  2. Signalement formelLa situation est portée par écrit à la connaissance de l'instance de référence.
  3. Instruction contradictoireInformation de la personne mise en cause, communication des éléments, délai de réponse, audition si elle la demande.
  4. Mesure proportionnéeDe la recommandation et de la formation corrective à la suspension, jusqu'à l'exclusion en cas de manquement grave ou répété.
  5. Décision motivée et notifiéeAux parties concernées, par écrit.

Visée réparatrice d'abord. La procédure privilégie la mise en conformité sur la sanction, sauf sur les manquements graves : relation intime avec une personne accompagnée, mise en danger d'une personne vulnérable, rupture de confidentialité non justifiée, exercice sans assurance valide, pression exercée sur les soins d'une personne.

Comment déposer un signalement →

Ce Code est en révision. Sa première version a été écrite pour un organisme certificateur et suppose en plusieurs endroits l'existence d'une certification. Neuf amendements sont identifiés, dont l'ajout d'un article sur l'usage des titres protégés et d'un article sur l'honnêteté quant à l'état des connaissances. La version révisée sera adoptée par les membres fondateurs, et le texte intégral publié avec son journal de versions.